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samedi 28 avril 2012

Sepúlveda vs Jules Ferry

1) deretour : Pourquoi l'Occident a perdu en respect devant les Musulmans, 2) Sepúlveda vs Jules Ferry, 3) Φιλολoγικά/Philologica : Esclavagisme des Noirs par Rome Chrétienne? Mais non!, 4) Aztecs today, 5) L'art de s'entendre entre colonisateurs et colonisés, 6) "Nos ancêtres les gaulois" ..., 7) L'Église et Sa Fille Ainée, 8) New blog on the kid : La vraie culpabilité des colonies, 9) deretour : en mémoire de rue d'Isly Clarté éternelle donne à cil

Celui qui connaît le débat de Valladolid serait peut-être surpris du tître. Après tout, Jules Ferry était pro-colonial, Sepúlveda aussi. Mais, quoique ce soit une position cohérente que conquête des colonies ou en général guerres sont illicites, ce n'est pas une position cohérente que chaque acte de guerre est licite ou que chaque conquête d'une colonie est licite. D'où l'importance de savoir quand l'un et l'autre est licite. Si par exemple Soliman avait le droit de conquerir Autriche, alors Autriche n'avait pas le droit de se défendre: si inversément Autriche avait un droit de se défendre, logiquement Soliman n'avait pas un droit de la conquérir. Et si c'était bien pour les Aztèques de devenir colonisés par les Espagnols, alors il aurait été mal pour les Espagnols de devenir une colonie Aztèque. Donc, il doit y avoir critères, si on est pour des guerres ou pour des actes de colonisation, et Sepúlveda peut avoir été en désaccord avec Jules Ferry sur les critères. Ceci ne veut pas dire que tout acte de colonisation en Afrique par les Français aurait été reprouvé par Sepúlveda.

En effet, quoique Bartolomé de las Casas était concrètement contre les conquêtes faites par Espagne, il avait un principe en commun avec Jules Ferry, à savoir le racialisme. Bartolomé essayait au moins à une reprise de démontrer que la race blanche était inférieure aux Indiens et donc inapte à coloniser leur pays. Il croyait aussi que la race noire était inférieure. Pourquoi alors la race indienne serait-elle supérieure? Puisque capables à un altruisme, par exemple dans les personnes qui se sacrifiaient aux idoles pour le bien de la communauté. Virtutes paganorum ... comme Curtius qui se jetait lui-même dans le gouffre ouvert devant les murs de Rome. Un Sepúlveda ne va pas trouver cet altruisme vertueux, il le trouverait plutôt comme splendida vitia, puisque idolatre. Et Bartolomé va défendre une vue totalitaire selon lequel l'état avait droit à un tel altruisme de la part des citoyens, même où l'état a tort.

Mais ce n'est pas Jules Ferry non plus qui reclame un altruisme et une obéissance vis-à-vis l'état idolâtres - dans le sens cultuel du sacrifice humain par autoimmolation: c'est à l'époque plutôt la Prusse, qui loue et se reclame du kamikaze qui se saute dans l'air pendant la prise d'une ville tenue par les Danois. Non, là où Jules Ferry n'est pas tout à fait d'accord avec Sepúlveda, ou avec une bonne lecture de Sepúlveda, c'est autre chose.

Il n'est pas non plus d'accord avec Bartolomé de las Casas en prônant comme lui l'esclavage des Noirs. En effet à son époque l'esclavage individuel sous un maître individuel subi par les Noir a été aboli en France avec Colonies. Pour rappeler ce qui se passait avant: les Noirs chassaient les Noirs, gardaient quelques-uns et vendait d'autres, les Juifs étaient importants mais pas monopolistes dans la suite du commerce, mais très minoritaires parmi les possesseurs, et ensuite on avait ceux-ci, Anglais et Portugais, Hollandais et Espagnols. Puisque l'Église avait pris la règle et soumis les états à celle-même que c'est uniquement dans une guerre juste victorieuse que l'autre côté injuste peut être reduit en esclavage, et d'ailleurs ne pas prendre la foi ne rend pas automatiquement un côté injuste de manière de justifier l'esclavagisme, et puisque Espagne prend ça au sérieux, Espagne est le premier pouvoir de cesser le trafic des Noirs à travers l'Atlantique. Notons que la même chose ne vaut pas forcément pour Portugal ou les possessions portugais que pendant une époque Espagne administrait.

Entretemps, les Arabes prenaient eux-mêmes esclaves, faisaient eux-même le trafic, avaient eux-mêmes esclaves pour le travail. En prime, les esclaves reconnus d'avoir pris la religion Mahometane étaient libérés. On peut y voir une forme de pédagogie. Certains me trouveraient sans nécessité apologète des Mahometans, mais c'est plutôt que je m'oppose à leur concept de pédagogie tout court, non seulement dans le contexte ouvertement esclavagiste.

Jules Ferry de son côté croyait qu'il y a des races supérieures et inférieures, et que c'est le devoir des uns d'apporter la Civilisation aux autres.

C'est vrai que Sepúlveda aussi croyait avoir bien fait en apportant le tour de potérie, la roue, le fer, le blé, le vin aux Indiens. Mais, si je ne me trompe pas - je n'ai pas lu le débat dans le texte, mais le livre sur le débat - il ne trouve pas que ça en soi justifiât la conquête. Non, c'est autrement qu'il faut lire sa réponse là-dessus à Bartolomé de las Casas.

Car il y a deux reproches différentes que Bartolomé de las Casas fit aux Espagnols (tout en étant lui-même Espagnol: les intellectuels de l'époque n'avaient pas le devoir absolu de montrer un patriotisme en chaque affaire).

  • Et la conquête était injuste car les Indiens avaient droit à leurs souverainetés collectives,
  • et la suite de cette conquête était injuste car exploitive de manière unilatérale.


Et dans le réponse de Sepúlveda les deux reproches trouvent chaqu'un sa réponse.

  • Et la conquête était juste car un état qui expose ses citoyens à idolâtrie avec sacrifice humain, qui est totalitaire (communiste comme la pharaonisme et à la fois exigeant en altruisme, en plus la société désignait avec qui on se mariait, en classes d'age assez étroites) et qui pratique sans honte la sodomie ne vaut pas sa souveraineté, d'où la justice d'une conquête visant à corriger ça.
  • Et l'exploitation était récompensé par les apports comme fer, vin, blé, roue et tour de potterie. Et surtout le Christianisme qui apporte le salut et qui finit avec l'idolâtrie.*


On peut remarquer que ce n'est pas tout à fait clair et net comment ceci justifie la réduction de particuliers à un état pas loin d'esclavage sur les encomiendas, sans tenir compte du point de vue qu'avant ils ne savaient pas comment vivre. On peut même remarquer que Mahométans sont plus généreux en ceci que des convertis sont immédiatement libérés. Mais de l'autre côté, ils ont aussi été plus cruels envers des Chrétiens qui ont refusé la conversion. Et encore: on peut bien soupçonner que la méthode était due à une habitude que des croisés, tels que l'Ordre Teutonique, avaient emprunté aux Maures.

De toute manière, on ne peut pas prétendre que des Maures auraient été plus cléments avec les Aztèques.

Et les Français ont été plus cléments avec eux, malgré les siècles que des pirates ont fait subir aux Chrétiens blancs au nord comme aux Noirs animistes au sud.

Mais leur chef de l'époque avait pris une attitude comme si l'apport en technologie était plus important comme justification d'une conquête que la foi et la justice. Pour Sepúlveda, la foi et la loi naturelle viennent au premier plan.

Or, il y a encore un problème avec l'attitude de Jules Ferry: il ne pensait pas qu'aux grandes différences raciales (qui ne sont peut-être pas si grandes), il pensait aussi aux différences de génie entre les diverses "races" au sein d'un même peuple blanc et français: il croyait que les génies devaient apporter la civilisation du progrès technique aux administrateurs, et les administrateurs l'imposer à tous les autres. Énergie et discipline ... imposables à tous, même à ceux qui croient autrement bien vivre sans ça. L'abus qui saute immédiatement dans les yeux au plan de l'intérieur, c'est l'école obligatoire. Et obligatoirement publique et laïque. Après les colonisations et décolonisations, l'administration continue une colonisation du propre peuple pour des motifs que Sepulveda doit avoir trouvés de valeur sécondaire quoique non négligeable. Rendre l'école maternelle obligatoire comme le voudrait Hollande serait encore un pas dans cette direction néfaste. Qui idolise l'état de manière Aztèque ou Péruvienne, qui reclame un "altruisme" comme des gens qui s'immolent aux idoles sur l'ordre de l'état.

Hans-Georg Lundahl
Bibl. Georges Pompidou
28-IV-2012

*Voici les arguments selon l'article wiki, qui les donne autrement que ma mémoire du livre des éditions DMM:

Juan Ginés de Sepúlveda considère les cas de sacrifices humains, d'anthropophagie, d'inceste royal, pratiqués dans les sociétés précolombiennes et suit des arguments aristotéliciens et humanistes en proposant quatre « justes titres » qui justifient la conquête :
  • pour leur propre bien, les Indiens doivent être mis sous tutelle par les Espagnols puisque lorsqu'ils se gouvernent eux-mêmes, ils violent les règles de la morale naturelle (thèse aristotélicienne de la servitude naturelle) [Notons que cette thèse de Sepúlveda n'est pas identique à la thèse aristotélique, comme il aurait été si les manques en culture matérielle chez les Indiens avaient justifié "la mise sous tutelle"];
  • la nécessité d'empêcher, même par la force, le cannibalisme et d'autres conduites antinaturelles que les Indiens pratiquent.
  • l'obligation de sauver les futures victimes des sacrifices humains ;
  • l'ordre d'évangéliser que Christ a donné aux apôtres et le Pape aux Rois Catholiques (Pape qui jouit de l'autorité universelle).


Las Casas réplique en démontrant :
  • la rationalité des indigènes au travers de leurs civilisations (l'architecture des Aztèques) [mais rationalité technique n'est pas un argument de garder souveraineté chez un état criminel contre la loi naturelle, non plus qu'elle ne l'est chez un colonisateur comme argument pour un droit de soumettre d'autres avec moins rationalité technique];
  • qu'il ne trouve pas dans les coutumes des Indiens de plus grande cruauté que celle qui pouvait se trouver dans les civilisations du Vieux Monde (la civilisation romaine n'en a pas moins organisé les combats de gladiateurs) ou dans le passé de l'Espagne [Rome payenne a renoncé à son indépendance vis-à-vis la vérité chrétienne, pour ça même];
  • l'évangélisation et le fait de sauver les victimes des sacrifices humains n'est pas tant un devoir des Espagnols qu'un droit des Indiens.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_de_Valladolid - un article qui se base sur l'historiographie officielle, les pièces de théâtre de mémoire auxquelles biensûr le livre de DMM que j'ai lu (des années le millénaire passé) était une réponse.

lundi 19 avril 2010

Mélange des populations et débat sur l'identité nationale ...

... dédié à la fois au couple noir entre moi et les autres deux suédois et à la dame marié à un sénégalais qui m'a parlé ce matin.



On sait très bien que Gaston Kelman n'aime pas le manioc et qu'il cultive son rouge en Bourgogne. On sait aussi qu'il est très franchouillard, que pour lui tout résident en France métropolitaine doit soit avoir l'identité nationale, soit l'assumer. Et qu'il est socialiste.

Oupse!

Ça c'était mon mémoire de la lecture de son livre "Je suis noir et je n'aime pas le manioc". Selon wikipedia, il y a d'autre chose:

Kelman défend le droit de chacun de choisir dans sa culture d'origine ce que l'on garde ou non; Ainsi on peut être noir et ne pas aimer le manioc.


Merci, pas que je n'aime pas le manioc - il est juste le plat qui donne aux autres plats camerounais l'éclat d'être savoureux, par contraste. Comme ici la pomme de terre. Mais, ça veut dire qu'on peut être Suédois et ne pas choisir laïcisme (athéisme ou nouvel age ou un christianisme qui leur fait beaucoup des concessions) et le féminisme politiquement correcte qui, chez nous, est farouche. Qu'on peut préférer Johanna Spyri à Astrid Lindgren, sans être Suisse. Qu'on peut admirer Andreas Hofer plutôt que Olof Palme, sans être Tyrolien ou Tyrolien de Sud ("cittadino italiano da Alto Adige"). Merci.

Pourtant je m'étais souvenu de quelque autre chose, comme les observations qu'on ne peut pas porter la djellabah si on va en Groenland, l'éviter c'est une question de survie. Correcte, mais Marseille ou Nice n'ont pas le climat de Groenland. On n'y meurt pas du froid en y portant une djellabah. Et apprendre la langue du pays - il y a des quartiers où l'on est tellement de gens d'une même communauté immigrée qu'on peut très bien faire ses courses et plus ou moins tout sauf l'administratif sans apprendre le français. Ceux qui y parlent le français font les contacts nécessaires pour faire survivre cette île non-française dans la société française. Que ça fâche les français de souche ou pas, que ça fâche les immigrés bien intégrés ou pas, que ça fâche l'administration ou pas. Et, pas trop de kilomètres d'un quartier de Nice où l'on peut voir les hommes en djellabah et les femmes en voile longue et parler avec un algérien pour qui le Secours Catholique rappelle les "cafés de clochards" en Algérie (et qui s'exprime d'une manière raciste sur leur clientèles, les Arabes faisant recours à l'hospitalité des Musulmans) on peut voir un village très ... je veux pas dire français, mais nissart ... et où les Musulmans (il y en a là aussi) sont bien intégrés.

L'identité nationale nissarde ne me semble nullement directement menacée par les hommes en djellabah dans un quartier de Nice, mais plutôt decertains manoeuvres politiques, les uns visant à y installer de plus en plus de tels quartiers, les autres adaptant les lois ou règlements à des idées chariatiques comme le mépris de la dignité humaine des buveurs ou le "droit" d'une femme de se divorcer parce que son mari le soit devenu (le vieux séminariste Kelman saura parfaitement que les cas de divorce sont soit les cas d'annulation, comme la découverte que l'union est incestueuse, soit des cas pour une séparation sans droit au remariage, comme un inceste survenu après le mariage). Ou encore idées Turcs,comme l'enlèvement des enfants de leur parents chrétiens comme récompense pour la tolérance envers la communauté.

Le mélange des populations se déroule bien ou mal selon la volonté ou l'obligation subie de se mélanger. La peau y est pour peu, quoique des revendications et sensibilités liées à une communauté avec une certaine peau peuvent y être pour quelque chose. La langue et la religion y est pour beaucoup plus. Les Wisigoths étaient une élite mal-aimé dans le Sud, les Francs par un baptême royal suivi par les baptêmes de ses guerroyers se sont bien intégrés, quoique l'apprentissage des mœurs gallo-romains a pris quelques générations. Car les Wisigoths étaient Ariens, ils avaient une religion pour laquelle Jésus n'était pas Dieu (ni purement un prophète humain) et la Vierge pas la Mère de Dieu. Et ça c'est grave. C'est grave en soi, c'est parfois catastrophique dans un pays chrétien.

Certains des hommes Musulmans aimeraient changer ça. Certains Juifs ont voulu changer ça. Certains Protestants ont voulu changer ça. Et les Francs-Maçons. Et des idéologues qui aimeraient imposer la mixité partout, pour mieux dominer une "population" trop désunie pour résister le pouvoir. Ensemble ces groupes en politique se sont mis en lobbys pour le laïcisme. Contre l'église. Et ça, là il y a un menace contre l'identité nationale. Car si les Catholiques croyants et pratiquants sont devenus une minorité, les alternatifs sont, soit sécondaires au catholicisme comme l'identité laïque*, qui n'est qu'un sousproduit, assez ancré dans l'Occident d'ailleurs, de l'identité Catholique majoritaire et sa confrontation avec les hérésies protestantes et le judaïsme, soit fortement minoritaires. D'ailleurs, l'identité Laïque de France, comme le Grand-Orient, n'est pas la même chose que l'identité Laïque de Suède et sa maçonnerie de rite anglo-écossais. Les blagues anti-cléricales du jeune Spirou choquent, pas seulement un catholique dévot, ils choqueraient aussi un Laïque de Suède.** Mais pas ceux de la France. Donc, le laïcisme n'est pas une vraie mais une très fausse identité "internationale".

Peut-être à suivre, de toute façon merci!

Hans-Georg Lundahl
Marie du III, Paris III
19/IV/2010


*par exemple l'identité laïque d'une école où les éditions Rossignol ont donné ses images de l'histoire sans faire mention du christianisme avant les croisades et pourtant presque sans mensonges directes, un vrai tour de force pour eux avec leur érudition - Clovis étant accepté, pas parce qu'il devenait chrétien, mais parce qu'il était juste moins farouche que Attila

** chez nous la blague typique anti-cléricale est ou était plutôt contre le genre de "prêtre" qui est accommmodant in absurdum envers les Laïcs, prèt d'abolir l'Enfer parce que c'est une revndication laïque - jusqu'au moment où l'on se rende compte que le christianisme existe encore dans une forme dévote et dogmatique - mais là on cesse de faire les blagues et commence les engueulades ou persécutions