mercredi 20 janvier 2010

Alexis Lacroix, connaît-il l'histoire?

En Marianne du 13 au 19 juin 2009, p. 79, il s'exprime dans la catégorie culture en faisant la critique d'un essai: "Catholiques: le retour des intégristes".

Je me refuse de diffuser les coordonnés du livre en question et je me borne (en question de retrouvailles) à constater:

1 qu'à cette époque il a dit:

On les croyait vaincus, ces catholiques intégristes, héritiers de la Contre-Réforme, de la contre-révolution, du contre-modernisme qui, jusqu'à Vatican II, avaient écrasé de leur rigorisme la scène politique et religieuse de l'Europe.



2 que ce critique n'est plus trouvable sur le site www.marianne2.fr

3 mais malheureusement cette bévue énorme se trouve encore sur papier.

Car d'une bévue énorme il s'agit en effet. J'aimerait trouver autant d'héritage de la Contre-Réforme (St François de Sales, St Robert Bellarmin, p ex) chez les Tradis qu'ils veulent avoir, ce que je ne peux pas supporter ce sont des attaques à la Contre-Réforme. Ou louanges à Vatican II basées sur de telles attaques.

Mais passons sur les faibles dans nos propres rangs. Car ce qu'à écrasé l'Europe, ce ne sont certainement pas Felipe II (Roi d'Espagne, exemple de la Contre-Réforme, vaincu par l'échec de l'Armada en 1588 et ensuite posthumément par la paix concluante de la Guerre de 80 ans en 1648), ni Bonnie Prince Charlie (contre-révolutionnaire Écossais et Anglais et Irlandais, fils du Vieux Prétendant, en tant que tel vaincu à Culloden en 1746), ni Cadoudal (contre-révolutionnaire français, vaincu et pendu par Napoléon, excommunié par un Pape en Concordat avec celui-ci, 1804), ni les Carlistes (contre-révolutionnaires espagnols, vaincus à plusieurs reprises entre 1820 et la Guerre d'Espagne, dans celle-ci co-vaincueurs de la guerre ensemble avec Franco, mais perdants de la paix ensuivante*), ni les contre-modernistes, marginalisés et ostracés depuis le debut dans les universités sauf les expressement catholiques ou les faultés de théologie (Belloc à raconté un fable d'un homme ayant vendu son âme au diable ou on se dispute si celui-ci était au bon temps pour cueillir sa proie "mais j'ai tous les universités à mon côté" disait le diable à quoi repondit St Charles Borromée "mais moi j'ai le pape de mon côté" ce qu'à vaincu le diable, mais non pas le monde académique de l'Europe).

On n'écrase pas la scène religieuse et politique d'un continent en perdant de plus en plus terrain, en perdant sinon chaque bataille au moins presque chaque guerre. Et non plus ils - nous donc - n'ont pas fait ça "de leur rigorisme" si à chque coup le rigorisme est de l'autre côté.

Il y avait plus de libertés pour le peuple (mais pas pour l'élite) sous Felipe II que sous ses adversaires vaincants, Elisabeth l'usurpatrice d'Angleterre (qui avait envoyé armes et bateaux aux rebelles contre ce roi en Pays-Bas), ou les capitalistes d'Amsterdam. Il y avait plus de festivités populaires (les fêtes de l'église catholique, donc) il y avait plus de sauvegards pour les droits de la petit gent (Fuente Ovejuna et El Alcalde de Zalamea témoignent que les paysans et la bourgeoisie pouvaient venger un affront sexuel même à un notable, ce que n'était pas forcément le cas partout à l'époque - ou aujourd'hui). Sur le plan culturel, Angleterre d'Elisabeth pouvait encore prétendre à autant de théatre qu'Espagne, mais bientôt venaient les puritains avec ensuite Cromwell - en Angleterre. Et Hollande est devenu éponyme quasiment avec richesse et stolidité bourgeoise - demandez à un Belge, ils sont restés fidèles à Felipe II et ce sont eux qui nous ont donné Tintin.

Tous qui est pittoresque à l'égale de la liberté religieuse - qu'elle soit contesté ou accepté, plutôt le dernier quant aux lecteurs de Marianne - parle en faveur des Stuarts vaincus qui toléraient Anglicans, Puritains, Non-conformistes (sauf les révolutionnaires violents) et Catholiques plutôt que les vaincueurs libéraux (whigs) qui persécutaient les catholiques et avec eux les irlandais jusqu'aux temps de l'émancipation des catholiques.

Les pertes des Chouans et des Carlistes furent les succès d'une scolarité progressiste qui supprimait durement les particularités Bretons et Basques - sous la III République comme sous Franco (et avant). Et la Réforme Liturgique de Vatican II semble avoir mis chaque paroisse de France sous la dictature des puces de benitier - celles qui s'assument (bon, plus ou moins) parmi les Tradis, les autres (comme la fameuse Comité de la Jupe) à l'autre champs, plus vaste.

C'est Louis XVI (dont on commémore la décapitation demain) qui a rasé la Bastille le 17 juillet 1789. Depuis 1870 et la III République, la laïcité ne cesse pas de la remplacer et augmenter.

Hans-Georg Lundahl
Saint Denis,
Médiathèque Municipale
20 janv. 2010

*Évidemment ils n'avaient rien à voir avec ceci, qui est carrément moderniste d'allure:

Des témoignages historiques et scientifiques relatent par ailleurs que dans l'immédiate après-guerre des psychiatres de la junte ont effectué des expérimentations sur les prisonniers politiques pour identifier les gènes communistes. Il s’agissait sur le plan historique de l’une des premières tentatives systématiques de mettre la psychiatrie au service d’une idéologie.** Des documents publiés récemment révèlent le projet conçu par le psychiatre en chef de Franco, le docteur Antonio Vallejo Nágera, pour identifier le bio psychisme du fanatisme marxiste.


Source, accessé 12:30 le 20 janv. 2010

**Une des premières tentatives, ce n'est pas si correcte. D'abord il y a eu la Prussie. Louis II de Bavière déjà fut victime de psychiatrie selon les idéologues prusses, mais aussi tant de particuliers jugés non désirables. Aux EEUU avant la Sécession, il existait une diagnose appelée "drapétomanie" - "lubie d'un esclave de s'enfuir". Ça s'était bien avant Franco!

Mise à jour, 23 janv. 2010, St Raymond de Peñaforte, dans la Bibliothèque Mouffetard, Paris Ve:

1788 All forms of torture were abolished, greater freedom given to press, steps towards abolition of lettres de cachet.


Source: humanitarian reforms of Louis XVI.

Mon emfase. Le rasage de la Bastille décidé par le Roi le 17 juillet 1789 n'était donc pas une simple faiblesse ou clémence avec le populace qui l'avait prise le 14, c'était parti de son regne, une libre décision, hâtée mais non pas forcée par le peuple.

Dans le commentaire en bas "d'autres ne l'étaient moins" est biensur anacolute pour "d'autres ne l'étaient pas" avec "d'autres l'étaient moins".

5 commentaires:

Hans-Georg Lundahl a dit…

Ajoutons, à propos d'Élisabeth usurpatrice d'Angleterre et son père que celui-ci, Henri VIII, était en quelque forme le Ivan IV d'Angleterre. La création des Opritchnina rappelle le totalitarisme d'un roi devenu ennemi de l'Église telle qu'elle était, et qui ne comptait pas que ses "opritchniki" allaient créer ou consolider un changement Protestant de la religion. Le patriarch Philippe rappelle un peu les Saints Anglais qui étaient pour le Pape et contre le roi: St Thomas Becket, St John Fisher, St Thomas More, les Jésuites et laics tués pendant la repression, canonisés par Paul VI (un événément commenté par Mr l'abbé Bryan Houghton).

Hans-Georg Lundahl a dit…

Oupse! Philippe n'était pas Patriarche (avec e, bsr) mais métropolite.

Hans-Georg Lundahl a dit…

Quant à Franco comme Caudillo, voir aussi La position de Bernanos (bis). La paix pour le clergé et de la guerre était bonne, d'autres choses ne l'étaient peut-être moins.

Hans-Georg Lundahl a dit…

Je regrette d'avoir absenté, mais ... reportage anglais sur la messe annuel de la décapitation que j'avais trouvé à travers le blog Tea at Trianon, déjà cité dans cet article à un autre sujet, et à travers Le Fleur de Lys too.

Hans-Georg Lundahl a dit…

Alexis Lacroix, connaît-il l'histoire? : Porte de Paris, St Denis, ce matin vers neuf heures. : Coupures de journal, LaCroix, vendredi le 22 janvier. : Coupures de metro/Paris