jeudi 16 juin 2011

Avec distributisme, point de besoin de malthusianisme

Je venais de quitter le groupe "Réflexion sur la décroissance" avec une note d'à Dieu:

Comme je suis pour la décroissance per capita de certaines consommables, par exemple électricité, je suis contre le genre de décroissantistes qui prétendent que le globe de la terre soit trop peuplé. D'où le fait que je me sens vastement obfusqué par le lien donné par ...


À quoi on répond:

Encore faut-il argumenter.


(En oubli du fait qu'ayant quitté le groupe je ne pouvais plus argumenter là-dessus) Et on répond encore, je donne mes réponses interfoliées entre les parties de la réponse:

J'ai aussi cette impression terrible d'oppression dans la foule, les embouteillages, devant les images de populations déplacées. C'est une sensation d'étouffement.


Dans la campagne il n'y a pas tellement des foules. En travaillant près de chez soi on ne souffre pas des embouteillages. Aussi en Inde, c'est en visitant Calcota ou Delhi qu'on trouve ce sentiment, la campagne donne toute une autre ambiance.

Mais qui devrait disparaitre ?


Plutôt quoi: les tracteurs et les voitures. Ou bonne partie. En rélocalisant la population de la campagne, en laissant les tracteurs prendre la place de chevaux et d'hommes, on a fait dépendre une plus grande partie de la population des travaux moins vitaux et plus dépendants des conjonctures et donc souvent moins proches du domicile. En faisant chemin inverse il y aurait plus de travail sur la campagne, moins des embouteillages quottidiennnes - et moins de cette sensation d'étouffement. Si les politiciens ont pu faire l'un, ils pourront faire l'autre.

Toutes les solutions qui ne viennent pas des gens eux mêmes sentent le fascisme.


Un peu de grammaire: imposer une baisse de natalité ne s'appelle pas fascisme. C'est malthusianisme que ça s'appelle. C'est une chose dégueulasse dans certaines dictatures qui étaient aussi fascistes - ou au moins une, le régime nazi. C'est une chose toute aussi dégueulasse dans une démocratie parlementaire. Par exemple par Planned Parenthood aux États-Unis ou Planning Familiale en France. Rappelons que Hitler admirait Margaret Sanger, fondatrice de Planned Parenthood. Rappelons aussi que Dollfuss, que certains ont qualifié de fasciste, n'avait rien en commun avec ça et qu'il détestait Hitler pour des choses comme ça.

Et il y a eu des fascismes temporairement ou en permanence sans ce malthusianisme, qui n'étaient donc pas si dégueulasses ou pas dégueulasses du tout.

Le distributisme a deux côtés: côté campagne, question de répeupler, côté ville, question d'empêcher les grandes entreprises de bouffer les petits et par là mettre encore d'avantage de gens hors travail ou en travail d'importance inférieure et dépendant des conjonctures. Le commun est de maintenir la propriété distribuée en des entreprises des petites tailles quand c'est possible, et de ne pas baisser les prix d'une branche après l'autre jusqu'à ce que tous aient moins de salaires.

Hans-Georg Lundahl
Mairie du III, Paris
16 - VI - 2011

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Cher Hans Georg
Je suis assez touchée que vous ayez pris le temps de répondre longuement à ma petite brève, larguée sur la grande toile, ici ou ailleurs.
Je suis tout à fait d'accord avec vos propositions.
J'exprimais un sentiment, et non pas un avis et aussi peut-etre ai-je fait un peu malgré moi les frais de la propagande.
Je n'est pas d'avis tranché sur la question, et attends d'avoir un peu plus réfléchit avant de me prononcer.
En l'état de mes cogitations il me semble qu'une diminution lente et des effectifs de l'humanité est souhaitable, et je compte sur les femmes pour s'occuper elles même de leur contraception, tout en ayant un mode de vie simple et de grande culture
Malheureusement, je pense que ce débat sera tranché autrement, de manière beaucoup plus simple par les conséquences logiques de notre comportement collectif, hors contrôle sur tout les plans: sanitaire, écologique, économique...
Le retour de bâton ne saurait tarder.
Cordialement
Clo D

Hans-Georg Lundahl a dit…

S'occuper de sa contraception, non, mais de sa non-réproduction, oui, toute en ayant un mode de vie simple et de grande culture et quand même licite d'une façon: le monastère. Les peu de gens qui peuvent vivre sans le sexe ne font pas tort aux nombre de naissances.

Par contre, la terre peut très bien soutenir ceux qu'il y a maintenant et encore un peu plus.

Quand aux retour du batôn, et des comportements collectifs, on peut essayer de s'établir en petit entreprises dont les produits n'importent pas beaucoup de choses d'ailleurs (sel est rare dans la plupart des endroits, quand même, et vin de la vigne ne se cultive pas dans les paysages septentrionales de la France, ou les pays encore plus au nord) et ne vont pas très loin. Pas juste pour les artisanats des monastères, mais des artisanats tout court.

Hans-Georg Lundahl a dit…

"et quand même licite"="est quand même licite", bsr