dimanche 22 novembre 2009

L'erreur des "Nazoréens" comme les appelle Épiphane de Salamine

Aline Pourkier, L'Hérésiologie chez Épiphane de Salamine, éd. Beauchesne, coll. Christianisme Antique, p. 463, s:

Épiphane passe alors à la réfutation, qu'il a faite très courte. De son exposé de la doctrine des Nazoréens, il ne retient qu'un seul point, leur observance des pratiques juives, auquel il va opposer un fait, puis deux paroles de l'Écriture. ... partant de la constatation qu'il est impossible aux Juifs d'observer la Loi dans son intégralité puisque l'accès de Jérusalem leur est interdit, [il] en tire deux conséquences ... : ne pouvant accomplir toutes les prescriptions de la Loi, ils tombent sous le coup de la malédiction édictée par Moïse à la fin du Deutoronome [27, 26]; d'autre part, cette impossibilité même prouve que le Christ est déjà venu pour abolir la Loi et nous délivrer de la malédiction portée contre sa violation : dans ces conditions, continuer à s'y attacher est une erreur manifeste.



Ajoutons pour éviter cause de scandale, que les mots d'Épiphane sur le Christ sont:

que le Christ est venu comme celui qui achève la Loi, "non pour détruire la Loi, mais pour l'accomplir"



et un teneur d'une thèse proche des Nazoréens traduit le mot abolir/achever avec "rendre otieux". Certes une bonne traduction, car ainsi, ceux qui s'attachent encore aux sabbaths et aux cacheroutes, pour ne rien dire de la circoncision, rompent le repos de sabbath de ces mitzvoth. Il y a pourtant, comme j'ai vu chez lui, un autre motif pour ce genre d'erreur: la continuité d'Israel. Là ils rejoignent divers hérésies plus modernes, qui refusent au baptême d'enfants d'être un rite chrétien des origines. Pourquoi? Évidemment, si les chrétiens du debut ont baptisé des nouveaux-nés dans l'espace de huit jours, il y a trop d'évidence que le peuple d'Israel continue précisemment comme le peuple chrétien. De là l'interêt de certains de peindre le christianisme primitif comme une décision quasiment philosophique ou ascétique, mais surtout personnelle, pas quelque chose qui se transmet dans la famille, comme c'était le cas pour la vieille alliance et comme c'est du debut le cas pour la nouvelle aussi.

Hans-Georg Lundahl
dernier dimanche après Pentécôte
22 nov. 2009
G. Pompidou, Paris IV

2 commentaires:

Hans-Georg Lundahl a dit…

La docteure qui a écrit ce thèse a vraiment mal choisi le mot "abolir", le mot "achever" sous la plume d'Épiphane est meilleur, vu que le texte qu'il cite "non pour détruire la Loi, mais pour l'accomplir" se dit aussi "non pour abolir la Loi mais pour l'accomplir" dans la traduction française.

Hans-Georg Lundahl a dit…

Pour des particuliers de confession ou côtoyant la confession juive:
1 Judaïté de Mathathiahu Ha-Lévy 2 Et les Cohen Gadol après Notre Seigneur, jusqu'à la destruction de Jérusalem? 3 (Les juifs ne disent pas) "Athena Parthenos" 4 Le Dieu d'Israel est reconnu par les nations - depuis 2000 ans... 5 Prière d'un Juif ou d'un Chrétien déporté? 6 J'avais écrit quelque chose de mésinterprétable 7 Il était une fois un peuple qui ne servait pas les idoles... 8 L'erreur des "Nazoréens" comme les appelle Épiphane de Salamine...