jeudi 18 novembre 2010

Quelques clarification à propos l'interview avec Bruno Gollnisch en PRÉSENT

Mise-à-jour en bas!


Je cite (après samedi 13/XI/2010, p. 4)

JS ou OF*: Vous y évoquez la défense de la patrie, la défense de la famille française et la défense des valeurs du travail ...

BG*: Même le regretté Raymond Barre** ... avait rendu hommage à cette dévise, dont l'origine, je crois, est chez Saint Éloi.


Saint Éloi aurait donc demandé à Dagobert de rétablir la monarchie après une révolution dont la dévise était "liberté, égalité, fraternité"? Et dit "changez la dévise en Patrie, Famille, Travail?"

Faire l'œil ...

Trève de plaisanterie, ce qui me semble tout à fait raisonnable et réaliste est une autre scène, je présume que les lecteurs comprennent le Latin:

Rex Dagobert9: Quid faciam ut rex?
Episcopus St9 Eligius: Patriam servire, familiam servare, in bono negotio perseverare.

Je fais une analyse avec les sous-entendus que je présume y retrouver:

  • Patriam servire (et non te ipsum)
  • Familiam servare (et non dissolvere)
  • in bono negotio perseverare (et non vacillare).


Après le comportement de certains mérovingiens, c'était peut-être pas du tout mal comme conseil.

Où me posé-je à côté des critères de St Éloi?


  • Patriam servire? Je ne suis pas roi, ni politicien. Inapplicable.
  • Familiam servare? Je ne suis pas encore marié. Mes capacités à la fidélité se mésurent du fait que j'ai eu trois copines, et j'ai été largué trois fois. Et pas après avoir enceinté qui que ce soit.
  • In bono opere perseverare. Ce que je fais, comme écrivain et comme compositeur, malgré l'opposition, malgré la diffusion quasiment confidentielle, dont mes blogs sont victimes, malgré quasiment une conspiration de silence.


Qu'ai-je donc contre l'abrégé comme dévise?

C'est stylisé d'une façon qui rend le sens méconnaissable. Un peu comme la "fleur de lys" de Renouveau Français. J'aime la fleur de lys, mais leur version avait angularisé la curvature classique de l'emblême, et encore étiolé les pétales en lignes. Je ne déteste pas les gens qui font Renouveau Français, au contraire, je les ai parfois côtoyé avec plaisir sur le pélérinage de la tradition ce Pentécôte, mais comme culture politique ça me semble appauvri. Et un peu rigorisant.

Pourquoi une dévise? La dévise se fait par rapport à une armoirie. Et l'armoirie se fait par rapport aux faits qui ont annobli, normalement une dynastie, par extension un pays. SPQR n'était pas une dévise. Chi-Rho était beaucoup plus qu'une dévise. E pluribus unum en était une dévise, parce que les États Unis venaient de s'annoblir du statut de groupe de colonies au statut d'un état fédéral.

Si la France a besoin d'une dévise, pourquoi pas "fille ainée de l'Église"? Ou "mitis depone colla Sigamber"? Ou, puisque les loyautés deviennent français plutôt qu'envers la Chrétiennté latine entière à partir de la Guerre de Cent Ans, pourquoi pas les mots de celle qui épousa Francia au Ciel, avant de la donner aux rois: "je sers, mais messire Dieu premier servi!"

Mais une dévise n'est normalement pas trois substantifs. De grace! C'est presque comme Liberté, Égalité, Fraternité! La pomposité avec trop de thés ... et peut-être trop peu de thé dans la théière. Quoique, si St Éloi a eu quelque chose à dire à propos de Patrie, à propos de Famille et à propos de Opus/Négoce, alors, il aura eu quelque chose à dire à propos de la liberté, à propos de l'égalité, à propos de la fraternité. Genre:

In libertate serva liberos innocentes, in æqualitate judicandos et in fraternitate te ipsum cum subjectis.

Si le comportement de Dagobert s'était prêté à un tel conseil. Peut-être y a-t-il des politiciens plus récents auquels ces mots se dirigeraient mieux qu'à lui.

Trois substantifs, ça rappelle normalement trois verbes. Même "e pluribus unum" sousentend un "fit".

Trois substantifs, érigés en trois valeurs, bien, la boutade de Maurras, à propos de la IIIe République était bonne, mais parmi les non-révolutionnaires, je trouve et Brézil, et Pétain, défectifs vis-à-vis Portugal: Dieu, Famille, Patrie. Trois "choses" pour ainsi dire qui dépassent un-même et qui tous les trois peuvent demander un dépassement de soi-même d'un-même. Y mettre le "travail" ressemble un peu ... martiniste? maçonnique?

Biensûr qu'on préfère l'œuvre bien faite à l'œuvre mal faite (en plus mal faite par des gens très mal payés, comme vous avez la lucidité de dire - fair trade, not free trade était une dévise personnelle du roi Oscar II), biensûr qu'on trouve que le négoce plutôt que la mendicité - chez particuliers ou chez l'état - (quand c'est possible d'éviter celle-ci) doive nourrir la famille. Et que le négoce d'un homme le faisant à plein temps doive nourrir également femme et deux enfants au minimum. Mais est-ce pour ça une chose à mettre dans une dévise? Le négoce est un moyen, licite, normale, pour beaucoup de situations même obligatoire - mais aussi un châtiment. Une chose appelé par les Romains "improbus labor". Observation pareil pour Ordem e progreso. Il y a d'occasions où l'ordre établi doit être rompu - par exemple par le code vestimentaire*** de Ste Jehanne d'Arc - sans prétention à un quelconque progrès, et il y a des occasions où c'est précisement le progrès qui est le menace.

Le metier de mes parents - carrière réussi pour mon père, arrêtée dans les études pour ma mère - c'est la médicine. Planning Familiale et Psychiatrie/Psychologie ne seraient pas deux endroits où la bonne éthique médicale se trouve menacée?

Le mien a été (aussi interrompu avant de finir les études) langues et lettres, donc professeur. Mon metier serait pas menacé de devenir une forme de trahison envers les psys (les deux ou trois formes) par le fait que 1 sur 50 n'est pas fait pour écouter le professeur dans la classe ("Attention Deficit Hyperactivity Syndrome" comme si c'était maladif de ne pas être fait pour être élève) et peut être autant ont peu de chances d'être acceptés comme copains dans les récréations ("Asperger syndrome" comme si c'était maladif d'être attentif aux détails dans une mésure communément demandé plutôt à peu de spécialistes qu'à des travailleurs d'un équipe). En plus d'être un flicage envers l'éducation familiale de certaines familles. Et pour certains sujets voir même désinformation.

Hans-Georg Lundahl
George Pompidou/Beaubourg
18/XI/2010

* JS=Jeanne Smits, OF=Olivier Figueras, BG=Bruno Gollnisch
** de gauche, semble-t-il?
*** imposer des peines pour l'infraction envers un code vestimentaire rappelle donc un peu l'évêque de Beauvais - quoique des amandes n'est pas précisement un bûcher.

Mise-à-jour le 3 avril 2011:


Vouloir protéger "les droits du travail, de la famille, de la patrie" dans une législation ayant même statut de constitution n'est bien-sûr en rien un acte idôlatre ni martinique. Au moins pas en soi. Ça dépend de l'exécution de cette intention./HGL

6 commentaires:

HGL a dit…

Je viens de dire: C'est stylisé d'une façon qui rend le sens méconnaissable. Un peu comme la "fleur de lys" de Renouveau Français. J'aime la fleur de lys, mais leur version avait angularisé la curvature classique de l'emblême, et encore étiolé les pétales en lignes.

C'est vrai, il y a moins de connaissance de la broderie aujourd'hui qu'à l'époque où les cinq flèches rouges étaient brodées sur les chemises des gens avec José Antonio:

"Cara al Sol, con la camisa nueva,
que tu bordaste en rojo ayer"


Il y avait un jour, où se laisser broder la chemise avec les cinq flèches était une chose très brave. Chanter ça sous Azaña était un acte de patriotisme bien mésuré. Et finalement, les pauvretés culturels de certains sectateurs de José Antonio n'ont pas appauvri l'Espagne.

Parlant de la même belle chanson - que je viens juste d'écouter - je comprends pourquoi Tolkien fut taxé de fascisme.

In Western lands beneath the Sun
the flowers may rise in Spring ...


c'est un peu comme:

Volverá a reír la primavera,
que por cielo, tierra y mar se espera.


J'aime la mélodie aussi.

HGL a dit…

Oui, même Arwen qui broda la bannière de Aragorn, ça rappelle les lignes du début de la chanson.

Ça dit, quand je fus en Espagne, 2004, je faisais pas le sallut à une statue du Caudillo, mais je la fis à Montejurra.

Eviva España!
Eviva Cristo Rey!

HGL a dit…

sallut=salut bsr

fatigue? excomunication? ou personnel qui triche avec les admin s/ ordinateurs

HGL a dit…

In English, provoked by a friend who called malthusianism "eco-fascism" - ce que je trouvait insultant et pour Mussolini et pour l'écologisme non malthusien.

Hans-Georg Lundahl a dit…

Encore deux liens: Royauté et royalisme, quoi sert à quoi? - abrégé comme http://o-x.fr/wf9p - et Antimodernism : fr : thème famille - abrégé comme http://o-x.fr/kluc

Hans-Georg Lundahl a dit…

Voici le modèle de brévité et du bon sens dans l'élocution: St Benoît (enfin du message)