jeudi 2 avril 2009

Obligatoire n'est pas gratuite

D'abord une nouvelle en anglais: The Distributist Review: Compulsory Mis-education

Ensuite - reculons les siècles à quelque chose de plus fraiche. Il y a assez longtemps que les constellations Ursa Major et Ursa Minor brillent sur le ciel. Suffisamment pour que peut-être le nom Ursula soit d'abord un surnom d'Ursa Minor, avant d'être le nom d'une personne.

Cette personne, Sainte Ursule, n'était pourtant pas très intéressée par les constellations, au moins pas celles du zodiaque - · a u · m o i n s · p a s · de la manière astrologique. Une fois elle marchait sur les chemins d'Europe avec onze mille vierges ...

Comment sait-on que les vierges étaient onze mille? Elle a peut-être compté avant de se mettre en marche. C'est une façon assez simple d'organiser une promenade. On part en groupes. Châqu'un - dans ce cas ci châqu'une - appartient à une seule groupe, dans le chef - ou la tête - sait compter les autres, et connu le nombre dans châque groupe et le nombre des groupes, on calcule le nombre des vierges à onze mille. Ou peut-être ce sont leurs bourreaux - car elles en auront - qui ont compté le nombre de victimes.

Il y a pourtant des négationnistes qui prétendent que c'était juste onze vierges, et que la lettre M faussement compri comme Milia (mille), était pour marquer qu'elles étaient Martyrs aussi. Undecim Milia Virginum au lieu d'Undecim Martyres Virgines par fausse resolution de XI M V. Mais normalement dans la hagiologie on place le titre Vierge avant le titre Martyr.

Les vierges en question étaient de toute façon belles. Soit, les Huns sont peut-être pas les plus discriminants, mais ils sont peut-être servis de toute façon à l'invasion d'une ville, et c'est peut-être la beauté qui les a précipité en de telle impatience. Ste Ursule conseille de prendre des cadavres de poulets pourris sur les poitrines, ainsi les vierges évitent le viol, mais pas le martyre.

Des siècles plus tard, Madame de Maintenon (veuve) soulage le Roi Soleil avec son beau visage et ses mœurs gentilles et la bonne éducation catho qu'elle donne aux enfants illégitimes de celui-ci et de Madame de Montespan (dont le mari se considérait comme un veuf après qu'elle devint la maîtresse de Louis XIV). Le Roi Soleil (veuf) insiste, et Madame de Maintenon insiste sur le mariage. Elle l'aura. Elle aura en plus des œuvres pieuses du Roi. Dont la dotation généreuse des Ursulines. Un ordre des réligieuses, qui donne gratuitement l'ensignement scolaire aux pauvres. Gratuitement. Pas en obligeant les parents d'y envoyer les enfants sous peine d'amendes ou d'enlèvement des enfants.

C'est quand même la Chrétienneté, c'est l'Ancien Régime. Les horreurs d'un certain Adolf avec une drôle de moustache, y compris des meurtres ethnicides (dont le nombre exacte de victimes lui aussi a provoqué négationnisme), y compris aussi l'obligation strictement scolaire avec interdit de scolarisation à domicile, par une "loi" de 1938 encore en vigueur en Allemagne, ça attend encore. Voir là-dessus (si vous lisez l'allemand) mon article Wann hat Hitler mal endlich vertiggetötet? - Biensur le pays d'origine de la famille von Trapp, Autriche, s'est débarrassé de cette héritage Nazi aussitôt après la guerre, j'en ai profité, j'y ai été scolarisé à domicile pendant un peu plus d'un an.

L'histoire de la gratuité sans obligation pendant l'Ancien Régime ne s'arrète pas avec Madame de Maintenon, ni avec les Ursulines. Louis XVI institue, pour toute une autre forme d'apprentissage, celui des apprentis, des futurs artisans, des écoles gratuits de dessin. Enfin, pour un futur couturier ou architecte d'intérieur ou forgeron ou orfèvre, le dessin est plus utile que les règles d'orthographe, les langues étrangères, les maths supérieures. Ou au moins l'étaient avant la prolifération de la bureaucratie, du commerce international et de Wall Street. Selon le projet, ça devrait se trouver en châque ville. En réalité il y a eu enseignement gratuit de dessin au moins à Paris. Ce beau projet fut interrompu, d'abord par les financiers qui refusaient de financier, peut-être, ensuite certainement par un guilloutinage. Peut-être ce guilloutinage fut même encore un martyre, celui d'encore un Serviteur de l'Éternel Souffrant, qui accomplit dans son chaire ce que manque encore dans les souffrances du Christ - le Crucifié par le peuple dont Il est Roi - pour son Église - la vraie Qahal Israël.

Revenons aux artisans encore. Ils étaient obligés par les ordonnances des jurandes et les lois, de donner aux apprentis un enseignement, pas seulement du métier, mais aussi de la lecture et de la piété. Bien que cela n'apportait rien d'immédiat aux artisans. Sauf peut-être un peu de repos du travail. Chose pas très prisée par les capitalistes et les financiers, il me semble.

Hans-Georg Lundahl
Aix-en-Provence
20 mars/2 avril A. D. 2009

P. S. L'éducation scolaire obligatoire ou semi-obligatoire moderne n'est pas vraiment gratuite. Les coutes dont je me plains le plus ne sont pas les revenus des imposables, mais les vies gâchées ou (maintenant, avec les tueries en milieux scolaires) même finies.

11 commentaires:

Hans Lundahl a dit…

oh, l'orthographe française!

"Châqu'un - dans ce cas ci châqu'une"

chacun, chacune comme un mot, et sans circumflexe

pourtant, ce sont au debut deux mots, et la même expression que l'italien ciascuno/ciascuna (un s perdu correspond à des circumflexes, souvent)

matthieu v a dit…

je ne comprends pas ce refus de l'école publique... elle est certes chère pour les contribuables, mais participe largement à l'égalité des chances et fourni une culture à tous les enfants, quels qu'ils soient.
si l'on cesse de prélever les taxes liées à l'éducation à ceux préférant l'école à la maison, le risque serait de voir énormément de foyers dispenser l'école à leurs enfants, contre leur volonté, pour les préparer à un milieu professionnel forcé; non pas par méchanceté ou cynisme, mais pour des éventuelles raisons financières.
pourquoi rejetes-tu une institution qui fourni savoir faire, culture et sociabilité à la jeunesse d'un pays?

Hans Lundahl a dit…

As tu lu?

Les Ursulines dispensaient enseignement gratuit. Ceux qui en profitaient n'avaient pas des soucis économiques en ça. Ceux qui en profitaient pas, ce n'était pas par cause économique, mais parce que l'administration et les vocations religieuses ne permettaient pas l'établissement d'écolesz gérées par Ursulines par tout le pays.

Ceux qui en profitaient pas, en plus ils avaient leur savoir-faire (y compris professionelle), culture et sociabilité grace aux parents à la charrue ou grace aux maîtres dans l'artisanat.

Si l'école faisait chaque élève sociable, alors on n'aurait pas eu Colombine High School dans les médias de tout l'Occident peut-être tout le monde.

Pourquoi tu ne rejettes pas les prétentions de "fournir" savoir-faire, culture et sociabilité à la jeunesse du pays, comme si les parents, la culture populaire et la profession y arriveraient absolument pas? - ce qu'est faux d'ailleurs.

Hans Lundahl a dit…

Et ta culture toute fournie par l'école ... bon, ... si c'était de la culture tu saurais peut-être que la culture n'est pas l'invention, ni le produit de l'école et que celle-ci ne transmet qu'imparfaitement la culture accessible dans la société.

Autant plus c'est le cas qu'elle doit faire face aux élèves qui en préfèrent une autre - catho, évangélique, musulmane, hip-hop, néobarbare et de suite ...

Hans Lundahl a dit…

Je compare en plus mes mots dans l'article avec les tiens.

J'avais écrit:

"Revenons aux artisans encore. Ils étaient obligés par les ordonnances des jurandes et les lois, de donner aux apprentis un enseignement, pas seulement du métier, mais aussi de la lecture et de la piété. Bien que cela n'apportait rien d'immédiat aux artisans. Sauf peut-être un peu de repos du travail. Chose pas très prisée par les capitalistes et les financiers, il me semble."

Normalement ça serait pas un mauvais milieu. Non plus un milieu où l'on pourrait être détenu totalement à contre-gré vue les difficultés que tels apprentis poseraient (à différence de l'école d'aujourd'hui, notons!)

Pourtant:

"le risque serait de voir énormément de foyers dispenser l'école à leurs enfants, contre leur volonté, pour les préparer à un milieu professionnel forcé"

Mais pense un peu. Une petite récapitulation et c'est clair que ce n'est pas du tout ça que je préconise.

Hans Lundahl a dit…

Le constat que l'ancien régime était meilleur est un constat tout à fait différant du problème comment on pourrait éventuellement le reconstituer sans contre-sens ou parodie cynique ou autrement impie.

matthieu v a dit…

attention! je n'ai jamais dit que les milieux artisanaux qui se transmettent de génération en génération sont mauvais! c'est pour moi une richesse inimaginable qu'un savoir faire transmi de générations en générations. tu as mal interprété:
notre système considère simplement qu'un enfant doit avoir le pouvoir de choisir son futur métier parmis tous ceux qui existent sur terre.
prends l'exemple d'une famille d'agriculteurs: je doute qu'ils aient le désir, malgré toute leur bonne volonté, d'envoyer leur fils à l'école -hors raisons économiques-. ce ne sera pas considéré comme utile puisqu'il sera destiné à reprendre l'exploitation. lui excluant ainsi une possible réussite en économie, philosophie, ou que sais-je.
disons que notre république protège les individus contre eux mêmes. je dis bien en théorie.
quand à la culture que fournit l'école, dans la mesure ou elle est imposée et bien trop formelle, je suis de ton avis.
dernier point: crois-tu réellement qu'un enfant peut décider de choisir l'école dans laquelle il désire étudier? a-t-on dès l'enfance une vision objective de la religion pour y être formé? ayant été éduqué CONTRE MA VOLONTE dans une école catholique, je peux t'assurer que non.

cela dit, je n'exclus absolument pas l'idée d'un enseignement à la maison! c'est un choix que je respecte profondément, et dont je ne doute pas de l'efficacité: ta curiosité en est la preuve.

Hans Lundahl a dit…

Condoléances:

moi j'ai eu trop d'école pour mon goût, avec camerades ou profs non congéniaux. Et en Suède un milieu trop laïc. Contre ma volonté et celle de ma mère.

Normalement je crois:

a) c'est au parents de supplementer les choix de leurs enfants encore pas mûrs

b) en cas de malaise profonde dans une école ou un apprentissage aussi aux profs de protéger l'élève contre un mauvais choix des parents. J'ai une fois conseillé à un prof catho et prêtre de vérifier si telle fille était culturellement bien à l'aise chez eux.

Pour le cas spécial d'école en campagne, chaqu'un qui avait une vocation cléricale avait par là sa scolarité protégé sous peine d'excommunication, depuis les royaumes barbares. En certains endroits quelque chose de pareil était le cas même sans vocation.

Le choix entre _tous_ les métiers me semble pour la plupart des élèves chimère.

Et protéger l'individu contre lui-même ou ses parents me parait valable en cas de tentative de suicide ou infanticide, pas en cas de choix moins lucratifs ou dignifiés.

Le Christ est ressuscité!

Hans-Georg Lundahl a dit…

Il est vraiment ressuscité!

École et culture:
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Hans-Georg Lundahl a dit…

Aujourd'hui c'est (entre autres choses, et surtout la Visitation) la fête d'un bienheureux qui fondait les Sœurs de la Providence à Rouen pour aussi, tout comme les Ursulines, enseigner gratuitement les enfants des pauvres.

HGL a dit…

Hier c'était celle de ...

Bse Marie-Gertrude de Ripert d’Alauzier, ursuline et martyre († 1794)

À Orange en Provence, l’an 1794, les bienheureuses martyres Marie-Gertrude de Ripert d’Alauzier (sœur Sainte-Sophie), Sylvie-Agnès de Romillon (sœur Agnès de Jésus), vierges ursulines de Bollène, guillotinées sous la Révolution française pour leur fidélité à la vie religieuse.